Les écosystèmes steppiques

Les steppes couvrent en Tunisie de très grands espaces et l’écosystème steppique est riche du point de vue de la faune et de la flore. Les principales espèces steppiques sont : Haloxylon schmittianum, Anthyllis henoniana, Haloxylon scoparium, Stipa tenacissima, Stipagrostis pungens, Retama raeta, Seriphidium herba-album, Rhanterium suaveolens.

Les Hautes steppes

Elles sont situées entre la Dorsale et Majen Bel Abbès et à l’Ouest de Meknassy, dans une région de hautes plaines (plus de 400 m d’altitude) et comprennent plusieurs chaînes de montagnes.
Les sols sont en majorité carbonatés, mais on trouve également des sols marneux, gypseux et salins. La pluviométrie annuelle moyenne varie de 100-200 mm près de Gafsa jusqu’à 200-300 mm, le long de la Dorsale et au Nord-Est de Gafsa. Les sommets des montagnes de la région reçoivent de 300 à 400 mm de pluie par an. Le bioclimat y est aride supérieur à hivers frais à l’Ouest et tempérés à l’Est.

Le genévrier de Phénicie dominait la végétation des hautes steppes. Il est actuellement confiné sur les plateaux et les montagnes, les plaines étant couvertes d’associations à alfa.

Certaines espèces animales vivant dans les montagnes environnantes descendent dans les plaines pour se nourrir et se désaltérer. Parmi l’avifaune, l’outarde houbara niche dans la partie Est des Hautes Steppes.
D’autre part, l’hyène rayée vient y chasser le sanglier. Les nappes alfatières sont exploitées pour la production de matière première de pâte à papier par l’usine de Kasserine.

L’exploitation peu rationnelle des nappes d’alfa est à l’origine d’intenses processus de dégradation. De plus, la mise en culture des terres steppiques et le surpâturage ont fait régresser la végétation naturelle de la région.

Les basses steppes

Situées à l’Est des hautes steppes, elles s’étendent sur des plaines relativement plates qui vont jusqu’au littoral. L’altitude y est inférieure à 250 m. Les eaux des hautes steppes s’écoulent le long d’oueds temporaires et échouent dans les sebkhats des basses steppes.
Des sols peu profonds sont formés sur les croûtes calcaires à travers une grande partie de la région. On y trouve aussi des sols rouges méditerranéens.

La majeure partie des basses steppes reçoit de 200 à 300 mm de pluies par an, le reste, au Sud de Sfax, recevant moins de 200 mm. Le bioclimat y varie du semi-aride inférieur près de la côte à l’aride inférieur au Sud-Ouest d’El Djem ; la plus grande partie étant sous un bioclimat aride supérieur.
La plus grande partie des terres intérieures présente un couvert végétal dominé par le jujubier et l’armoise champêtre. Les associations à jujubier, armoise blanche, asperge blanche et de Rhantheriumsuaveolens. Autour des sebkhats, la végétation est halophite.

La faune y est similaire à celle des hautes steppes. La plus grande partie des terres intérieures des basses steppes, ainsi que les zones côtières, sont cultivées et plantées en oliviers. Les parcours couvrent de très faibles superficies et subissent un surpâturage excessif. Le braconnage des sangliers et des perdrix gambra est courant.

Les steppes sub-désertiques

Elles s’étendent au Sud des basses steppes et sont limitées au sud et à l’ouest par le Grand Erg Oriental. L’altitude y est inférieure à 250 m, mais s’élève près des hautes steppes et des monts de Matmata. Les substrats sont sablo-limoneux, carbonatés, gypseux ou sableux.
La pluviométrie annuelle moyenne varie de 100 à 200 mm. Les températures annuelles moyennes sont de 19 à 20 °C. Celles de l’hiver descendent à 5 - 6 °C; durant l’été la moyenne varie de 35 à 40 °C. Les bioclimats sont arides inférieurs à hivers frais, doux ou tempérés. Plus au sud, ils sont du type saharien supérieur à hivers frais ou tempérés.

La couverture végétale est dominée par les steppes à chaméphytes. Parmi les espèces de la région, on rencontre l’alfa, le sparte, le jujubier, le retam, l’astragale, le tamarix, l’armoise blanche, Rantherium, Gymnocarposdecander, Aristida pungens, Calligonum comosum.

Les sols salés sont couverts par une végétation halophyte. La faune comprend plusieurs espèces adaptées aux conditions climatiques rigoureuses de cette région, dont l’outarde houbara, le lièvre pâle, la gazelle des dunes, la gazelle dorcas, ainsi que plusieurs espèces de reptiles (vipères, varan, couleuvres...). Au Nord, les steppes ont été cultivées en oliviers.

L’utilisation de la charrue à disque constitue dans cette région un des principaux facteurs favorisant l’érosion éolienne et par conséquent la désertification. Le braconnage du lièvre et des perdrix est courant. La région est favorable à l’installation d’espèces disparues dans le passé tel que la gazelle dama M’horr, les antilopes Oryx et Addax. Un parc national, celui de Sidi Toui d’une superficie de 6315 ha, a été créé depuis 1993 dans cette région. L’Addax et l’Autruche y sont réintroduits.