L’Agrobiodiversité

La biodiversité agricole comprend la diversité des ressources génétiques (variétés, races animales) et des espèces utilisées pour la nourriture, le fourrage, les fibres, le combustible et les produits pharmaceutiques. Elle inclut également la diversité des espèces non récoltées qui aident à la production (les microorganismes du sol, les prédateurs et les pollinisateurs) et celles que l'on trouve dans un environnement plus vaste qui soutiennent les écosystèmes (agricoles, pastoraux, forestiers et aquatiques) et participent à leur diversité.

La Convention sur la diversité biologique définit, dans son article 2, le terme « ressources génétiques » comme «le matériel génétique - c’est-à-dire le matériel d’origine végétale, animale, microbienne ou autre, contenant des unités fonctionnelles de l’hérédité - ayant une valeur effective ou potentielle».

Elles font partie des Ressources biologiques que définit la CDB par les ressources génétiques, les organismes ou éléments de ceux-ci, les populations, ou tout autre élément biotique des écosystèmes ayant une utilisation ou une valeur effective ou potentielle pour l’humanité.

Concrètement, les ressources génétiques recouvrent donc les catégories suivantes :

  • Pour les animaux: les populations sauvages, traditionnelles ou primaires, les races standardisées, les lignées ou les souches sélectionnées,
  • Pour les végétaux: les variétés anciennes ou modernes, les populations locales, les formes sauvages ou apparentées,
  • Pour les micro-organismes: les souches, les isolats, les populations et les communautés. Les ressources génétiques forment avec les écosystèmes et les espèces, les 3 niveaux de la biodiversité

Le Traité international de la FAO sur l'agro biodiversité (2001), contient dans son article 2 une définition identique ; néanmoins, cette définition est limitée aux ressources phytogénétiques et animales pour l’agriculture et l’alimentation, donc une catégorie spéciale des ressources génétiques.

Pour une plante cultivée donnée, les ressources génétiques qu’elle présente sont constituées de l'ensemble des variétés cultivées et des plantes sauvages apparentées. Les ressources génétiques des plantes cultivées sont, dans leur diversité, le réservoir indispensable à l'amélioration des plantes cultivées pour parfaire leur adaptation aux changements écologiques, à l’amélioration des productions et aux autres évolutions imprévisibles des besoins humains (production de nouveaux cultivars et de nouvelles races ; adaptabilité génétique qui sert à atténuer les effets potentiellement nuisibles des changements économiques et environnementaux).
Elles constituent par conséquent, le fondement biologique de la sécurité alimentaire mondiale.

Les terres cultivées, représentent environ 5 millions d’hectares. Actuellement les principales cultures sont les céréales (1,5 millions d’ha), les cultures fourragères (320000 ha), les légumineuses à graines (80000 ha), l’olivier (1,8 millions d’ha), le palmier dattier (40000 ha), les agrumes (22000 ha), la pomme de terre (24000 ha), la tomate (23000 ha)…

La Tunisie est un centre de diversification secondaire de plusieurs espèces agricoles telles que le blé dur ou l’orge, la pastèque, le melon, l’amandier, l’abricotier, le grenadier, le palmier dattier, l’olivier, le figuier... Pour toutes ces espèces, plusieurs variétés sont cultivées ou l’étaient durant le 20ème siècle. Ces variétés et accessions ont été largement étudiées sur le plan de la diversité génétique ainsi que sur le plan des performances agronomiques. Certaines sont valorisées soit par soit par l’utilisation en tant que parents dans des programmes d’amélioration ou alors par leur inscription dans les catalogues des variétés pour commercialisation.

Le secteur de la production animale pèse 35% de la production agricole totale. Le cheptel des bovins compte environ 450000 femelles, les ovins et caprins près de 4,5 millions de femelles. Les lapins environ 90000 femelles. Le secteur de la production aviaire est très important avec une production annuelle de l’ordre de 130000 tonnes par an et 1535 millions d’œufs.

Les races bovines des élevages intensifs et semi intensifs sont en grande partie des races introduites (Holstein, Charolaise, Pie Noire, Blonde d'Aquitaine, Frisonne, Brune Normand,…). Il existe également quelques races locales de bovins telles que la Brune de l’Atlas.

Le secteur de la production d’ovins participe à raison de 48 % dans la production des viandes rouges estimée à 120000 tonnes. Il existe des races tunisiennes importantes comme la race Noire de Thibar ou la race Barbarine. Certaines de ces races animales font actuellement l’objet d’études en vue de leur attribuer le statut d’appellation d’origine contrôlée.

A cela s’ajoute des élevages extensifs de camélidés (environ 80000 têtes) de races locales et environ 150000 équidés dont une race locale : le poney du Mogod.